Le salon est dirigé par SU Xiao Hong, une des amies de la mère de Luyao. Nous sommes accueillis par 5 jeunes femmes, toutes formées à l’art du thé Pu’er dans une école située dans le Yunnan, au sud de la Chine.

Pour comprendre ce qu’est le Pu’er (prononcer Pou’er), si spécifique et très apprécié, il est nécessaire de le présenter un minimum :

Introduction du Pu’er

Histoire

L’histoire du Pu’er remonte au temps où les Pu, une ethnie du Yunnan, cultivaient du thé pour l’ajouter au tribut qui était versé à l’Empereur. Le thé voyageait souvent sous forme de galettes compressées et à dos de cheval ce qui aurait contribué à la fermentation du thé.
Des siècles plus tard, on observa que les galettes de feuilles vertes de Pu’er fermentaient en étant conservées de longues années dans des régions au climat chaud et humide. Aujourd’hui les galettes sont volontairement conservées pour obtenir cet arôme très prisé. Dans le cas du thé vert (ou cru), les crus les plus prestigieux et les plus rares atteignent parfois l’âge étonnant de 40, 50 ou même 100 ans.

Caractéristiques

Le Pu’er fait parti d’une famille de thés nobles cultivés depuis plusieurs milliers d’années dans les hauteurs du Yunnan. Il n’est ni un thé vert, ni un thé noir, il n’a pas de couleur. Il fait partie des thés « sombres » et est très prisé en Chine et ailleurs pour ses vertus bienfaitrices (perte de poids, lutte contre le cholestérol, bonne circulation du sang, etc.)
Il a cependant plus que des vertus médicinales et il y a une culture très ancienne et riche autour de lui qui rappelle l’approche qu’a la France avec le vin. D’ailleurs, tout comme certains vins, le Pu’er se bonifie avec l’âge.
Le Pu’er peut provenir soit d’arbres maintenus à la taille d’arbustes qui ont un rendement plus élevé pour les besoins de l’industrie agroalimentaire. Cependant, les meilleurs thés Pu’er sont issus d’arbres centenaires (quelques uns ont même 2700 ans) non-traités. Ces derniers coûtent alors très cher : 2200元 (environ 310€) les 500gr.

Diversité

Il y a deux types de Pu’er : le Pu’er Shu cha (fermenté, 熟茶, prononcer shu tcha) et le Pu’er Sheng cha (thé cru, 生茶, prononcer sheng tcha).
Le Pu’er Shu cha est un mélange de jeunes et de vieilles feuilles auxquelles on a ajouté un peu d’eau et laissé fermenter. Il a un arôme plus profond, le goût est assez fort et sa couleur est foncée avec des reflets rouges. Nous pensons que c’est un thé qui se boirait bien le matin ou pour se réveiller.
Le Pu’er Sheng cha, quant à lui, a un arôme plus doux, un peu comme le miel et sa couleur dorée se rapproche d’un Monbazillac. Il a un goût plus léger et on pourrait le boire dans l’après-midi pour se détendre.

Différents Pu'er
Différents Pu’er

Lors de notre visite au salon Ynxj, nous avons pu assister à la préparation du thé et avoir quelques explications. Nous avons eu l’opportunité et l’honneur de goûter à un Pu’er provenant d’un arbre centenaire et de grande qualité.

La préparation et la dégustation du Pu’er

De l’eau chaude est d’abord versée dans les tasses pour les réchauffer et les nettoyer puis une deuxième fois avec la première infusion de thé. On ne boit jamais la première infusion de thé car cela serait trop fort (la couleur du thé doit être assez transparente pour voir un peu au travers).

Préparation des tasses
Préparation des tasses

Un thé se déguste trois fois :

  • La première fois pour le parfum,
  • La deuxième fois pour savourer le thé
  • La troisième fois pour ressentir le bienfait du thé

A la quatrième fois, le thé est moins fort et on a même une impression de sucré.

Il y a également une autre manière de préparer le Pu’er : on peut en effet faire bouillir l’eau avec le thé déjà infusé auparavant. Nous avons goûté à cette deuxième manière avec le Pu’er Shu cha, c’est bien plus fort !

Petites anecdotes

  • Il y a une certaine manière de tenir sa petite tasse :
    Pour les femmes : le pouce et l’index tiennent le haut de la tasse, tandis que le majeur est placé dessous. Les 2 derniers doigts seront laissés en l’air.
    Pour les hommes : les doigts sont placés de la même manière à ceci près que l’annulaire et l’auriculaire sont collés sous le majeur.
  • Pour remercier la personne qui nous sert du thé, on peut tapoter deux fois la table avec l’index et le majeur. Ce geste ne se fait que dans le cadre d’une dégustation de thé.
  • Le mélange des deux thés peut provoquer l’effet d’être un peu saoul. Nous n’avons cependant pas ressenti cette sensation.

Si vous souhaitez goûter au Pu’er, vous pouvez en commander sur ce site http://ynxj.com. On vous l’accorde, c’est en Chinois, mais vous trouverez bien un ami, une connaissance, le fils du cousin de votre tante par alliance qui pourra vous le traduire ! Après tout, ce thé vaut tous les efforts du monde !


Pour plus d’informations sur ce thé :

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