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Voyager en train, c’est un moyen de voir le pays depuis le sol, de voir les paysages défiler. Voyager en Transsibérien, c’est choisir la lenteur. Pour un voyage en Russie, vous avez plusieurs options comme vous concentrer sur certaines villes/régions et les visiter en profondeur (ce que l’on préfère quand on voyage) ou encore suivre la ligne du Transsibérien d’un bout à l’autre, par exemple. Un voyage bien intense qui donne un aperçu des différentes régions de ce grand pays. Pour notre deuxième séjour en Russie, nous avons choisi de bousculer nos habitudes et de prendre la deuxième option.
Mais quelle est donc cette fameuse ligne de train ?
C’est sans prétention la plus longue ligne de chemin de fer traversant un pays. La distance Moscou – Vladivostok, tout à l’est de ce pays à cheval entre l’Asie et l’Europe, est de 9288 km ! Ce voyage était pour nous un défi, une aventure humaine à vivre au moins une fois dans sa vie.
Après cette expérience haute en émotions, nous vous partageons ici le premier article sur la Russie et vous donnons quelques conseils pour organiser votre voyage en Transsibérien, et sortir du train-train quotidien 😉

Itinéraire de notre voyage en Transsibérien : 28 jours, 6 villes, 1 aventure

Comme pour chaque voyage, nous aimons préparer un minimum notre trajet et nos activités pour en prévoir les grandes lignes. Quelle ville visiter, combien de temps, que voir ? Autant de questions qui demandent préparations. Tout d’abord, il s’agit de choisir ses étapes. Le trajet du Transsibérien part de Moscou et se termine à Vladivostok, tout à l’est du pays.
Beaucoup de voyageurs aventuriers choisissent de commencer par la capitale puis de continuer vers Ekaterinbourg, Irkoutsk (pour visiter le lac Baïkal), avant d’aller jusqu’à Oulan Oude. De là, il est possible de prendre le Transmongolien pour continuer le voyage dans les steppes Mongoles puis en Chine jusqu’à Pékin. D’autres, prennent un trajet différent, de Moscou à Vladivostok.

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Cathédrale Saint-Sauveur-sur-le-Sang-Versé, Saint Pétersbourg

Notre itinéraire

Pour notre part, nous avons choisi de faire le Transsibérien en entier, d’Ouest en Est. Le trajet en train dure 7 jours et 6 nuits, mais nous avons planifié des arrêts de quelques jours dans 6 villes qui nous intéressaient.
Première étape qui ne compte pas vraiment comme le début du Transsibérien : Saint Petersbourg. Nous avons logés chez une amie de longue date, Ksucha, toujours aussi bonne cuisinière et conseillère lors de nos visites dans la Venise du Nord. Nous avions déjà visité les principaux lieux touristiques il y a quelques années donc nous avons profité du séjour pour explorer la ville plus en profondeur.
Nous avons ensuite continué notre voyage à Moscou et vers l’Est, en Asie. Voici nos étapes et le nombre de jours plein (quand nous arrivions le matin) que nous leur avons consacré :

Saint Pétersbourg : 4 jours
Moscou : 3 jours
Kazan : 2 jours
Krasnoyarsk : 2 jours
Île d’Olkhon avec le lac Baïkal : 2 jours
Irkutsk : 1 jour
Vladivostok : 3 jours

Ce qui fait 15 jours consacrés à l’exploration de ces 6 villes que nous vous présenteront dans d’autres articles, wait and see ^^. Le reste étant passé dans l’avion (Paris-Pétersbourg, Vladivostok-Séoul), les trains et bus. Nos plus longs trajets en train sont d’ailleurs Kazan-Krasnoyarsk, où pendant 2 jours, nous avons traversé l’équivalent du Kazakhstan et Irkoutsk-Vladivostok pendant 3 jours et 4 nuits. Croyez-nous, durant ces trajets, la douche était notre but ultime !

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Cathédrale Basile-le-Bienheureux, Moscou

Conseils pour choisir votre itinéraire

Un mois, cela passe vite surtout avec le temps passé dans le train, choisissez donc bien les villes que vous souhaitez visiter. Sélectionnez-les en fonction de ce que vous aimez voir (et non en fonction des tendances touristiques).
Choisissez aussi vos horaires de train avec précaution pour pouvoir passer un maximum de temps dans les villes. Cependant, selon le jour choisi ou votre budget, vous ne pourrez pas sélectionner l’horaire idéal. Il arrive parfois que l’horaire de départ soit à 2h du matin ou que l’arrivée soit à 6h.

Les baroudeurs et les adorateurs des réveils tôt peuvent dire que c’est parfait et qu’ils peuvent visiter la ville plus rapidement. Erreur, jeunes Padawan ! Que ferez-vous de vos sacs de voyage ? Votre énorme backpack ? Les consignes dans les gares ne sont bien souvent pas prévues pour la taille des grands sacs de voyage et les hôtels, location d’appartement ou hôtes de couchsurfing ne sont pas forcément disponibles à ces heures-ci.

Cela nous est arrivé presque à chaque fois, nous devions attendre à la gare ou trouver un café qui ouvrait tôt pour patienter. Par exemple, pour aller d’Irkoutsk à l’Île d’Olkhon au lac Baïkal, nous avons dû attendre quelques heures à la gare avant de prendre un petit-déjeuner dans un café puis prendre un minibus pendant 5h (cela peut être plus suivant l’état des routes et le climat).

À quelle période voyager en Transsibérien

Selon nous, il n’y a pas de meilleure période pour voyager en Russie.
Période de l’année très touristique, beaucoup de voyageurs choisissent de partir pendant la période estivale. Les températures y sont plus clémentes et même chaudes (non, pas un petit 15°C bandes de mauvaises langues 😛), jusqu’à 30°C ! Du coup, pas de stress pour l’équipement, juste vos vêtements d’été et de quoi vous couvrir pour les soirées fraîches. Certaines régions de la Russie sont plus accessibles et offrent des paysages radicalement différents de la saison opposée.

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Rivière Ienisseï, Krasnoyarsk

Ensuite, il y a les voyageurs qui n’ont pas froid aux yeux, ou pas froid tout court 😄, ceux qui choisissent la période hivernale. Emilie, frileuse, s’est souvent dit « mais pourquoi on est partis en Novembre ?! ». Dans notre cas c’était une question de compatibilité de temps avec la suite de notre voyage (Séoul, puis un PVT à Taïwan) et puis surtout pour les magnifiques paysages hivernaux. En Russie, les températures varient entre -10 à -18°C en début d’hiver et jusqu’à -40 voire -60°C en plein hiver selon les régions 😱, vous obligeant absolument à adapter votre équipement aux basses températures (promis on a prévu un article sur l’équipement pour voyager en hiver en Russie). Avec ce froid ambiant, les paysages se transforment, enfilant un manteau plus blanc que blanc, et les lacs, rivières et bords de mer gèlent ! Superbe.
À vous de voir donc, à quelle période de l’année vous souhaitez vous embarquer dans l’aventure du Transsibérien !

Quel budget pour un voyage en Transsibérien ?

Pour un voyage d’un mois en Russie, nous nous étions donnés une limite à ne pas dépasser, à savoir 2000€ chacun en comptant tout : équipement, billets d’avion, billets de train, nourriture, logements, transports, visa. Dans l’ensemble, nous avons respecté ce budget, nous avons fait attention à nos dépenses et avons profité d’opportunités pour nous faire plaisir.

Budget voyage transsiberien

Concernant nos billets de train, nous les avons pris à l’avance pour être sûrs d’avoir des places et de les avoir au prix le moins cher possible. Nous voyagions en 3è classe si nous n’avions qu’une nuit dans le train et en 2è classe, plus calme et plus confortable, si nous avions plusieurs nuits. Le prix des trains dépend de la classe choisie ainsi que du type de train (s’il est plus lent ou plus rapide).
Voyageant en début d’hiver, nous avons aussi acheté un équipement grand-froid, adapté aux basses températures (surtout en Sibérie où le risque de se transformer en glaçon est plus grand).
Pour les logements, en dehors de notre séjour à Saint-Petersbourg, nous passions essentiellement par Airbnb et Booking. Nous avons également passé 2 nuits en couchsurfing et 4 nuit chez notre amie.
Quant aux transports en ville, nous utilisions parfois des bus mais principalement des taxis, peu cher et pratique avec l’application Gett (on vous fera bientôt un mini guide détaillé sur le sujet 😉).
En ce qui concerne l’obtention d’un visa russe, nous avons choisi de passer par une agence car la procédure était plus simple pour nous. Pour un visa touriste, vous avez le choix entre un visa de 15 jours ou un visa russe de 30 jours, vous pouvez alors planifier le nombre de villes en fonction de celui-ci.

Nous avons peu dépensé en souvenirs, juste quelques objets peu encombrants. Nous ne pouvions pas transporter de gros objets dans nos sacs-à-dos déjà pleins et n’avions pas le temps d’aller les poster.

Acheter ses billets de train pour le Transsibérien

Après avoir défini votre itinéraire et vos dates, vous avez 2 principales options pour acheter vos billets de train pour le Transsibérien:
– Voyage en mode flexible : les acheter aux gares des différentes villes. C’est réalisable si vous avez tout votre temps pour voyager. En revanche, vous n’êtes pas certains d’avoir des places disponibles aux dates et heures souhaitées ni d’avoir les meilleurs prix.
– Voyage en mode organisé : acheter vos billets de transsibérien en ligne et à l’avance – l’option que nous avons choisi, car nous n’avions que 30 jours pour aller dans 6 villes éloignées les unes des autres. Cette option est plus pratique et reviens moins cher si vous les achetez en avance (les billets sont disponibles jusqu’à un peu plus d’un mois avant la date de départ). Cela vous garantie aussi d’avoir plus de places disponibles, surtout lorsqu’il s’agit de réserver des places sur des trajets où les trains sont moins fréquents, comme Irkoutsk-Vladivostok.

Pour acheter vos billets de train, allez sur le site officiel de la RZD (tout traduit en Anglais, seule la page de paiement est en Russe mais rien de compliqué), faites votre réservation en ligne (attention à bien choisir votre gare de départ de départ et d’arrivée, il y en a parfois plusieurs par ville) et imprimez vos billets que vous montrerez à la Provodnista (c’est quoi ça ? Patience, on en parle juste après 😉) lors de la montée dans le train. Easy !

Composition et classes des trains-couchettes russes

Ce qui change avec les trains russes, vient du fait des longues distances à parcourir et donc la nécessité des wagons couchettes. Comme partout dans le monde, il y a différentes classes dans les trains :

  • La première classe (spalny vagon – SV) est constituée de compartiments de 2 couchettes chacun, plus intime et plus spacieux ;
  • La seconde classe (koupé) est aussi composée de compartiments mais de 4 personnes cette fois, moins intime mais très confortable ;

La troisième classe (platskartny), il n’y a que des rangées de couchettes sans séparation, le confort est rustique mais l’ambiance y est très conviviale.

classes transsiberien train russie

Pour chaque classe, des draps et une petite serviette pour votre toilette de chat vous sont fournis. Vous avez aussi un coussin, un matelas (pour mettre sur votre banquette) et une couverture. Côté pratique, chaque wagon est équipé de prises de courant dans le couloir ou vers les toilettes suivant les wagons. Prévoyez tout de même de bien charger vos appareils avant de prendre le train car, premier arrivé, premier branché ! D’ailleurs, pensez à prendre avec vous une petite multiprise, c’est plus pratique quand plusieurs personnes (dont vous bien sûr) souhaitent recharger leur portable, tablette ou ordinateur. Ne vous embêtez pas avec la compatibilité, ce sont les mêmes fiches qu’en France et le voltage va de 110v à 240v.
Chaque wagon a sa Provodnitsa ou son Provodnik que l’on peut comparer à une hôtesse de l’air ou un steward mais version train. Elle est en charge de son wagon et gère la vérification des billets, le ménage, la fourniture des draps, la vente de boissons et de snacks ainsi que le réveil des voyageurs qui descendent très tôt ou en pleine nuit. Des personnes formidables et très efficaces ! Elles parlent peu voire pas du tout Anglais mais sont prêtes à vous aider en cas de besoin.

Choisir votre classe et votre couchette

Alors, tout dépend de votre envie de confort, d’intimité ou d’économie :

  • En 3ème classe, il faut savoir que les prix diffèrent entre les couchettes du haut (moins chères et sans possibilité de vraiment s’asseoir et juste un marche pied pour monter en mode acrobatique), celles du bas (plus agréables mais plus chères), celles dans les couloirs (plus de passage) et celles près des toilettes (les moins chères mais beaucoup de passage et bruit des portes).
  • En 2nde classe, ce sont des compartiments de 4 couchettes dont le confort est plus élevé (il y a plus de d’espace pour se tenir assis, plus de rangements pour les bagages et même une petite lumière par couchette). Les couchettes du haut sont moins chères mais vous pouvez vous asseoir et il y a une échelle pour y monter.
  • En 1ère classe, vous avez plus de confort et plus d’espace mais beaucoup moins d’interaction avec les autres voyageurs. La plupart du temps, ce sont des hommes et femmes d’affaires aisés qui voyagent en 1ère classe.

À vous de voir donc où vous préférez dormir. Nous concernant, nous avons établi une petite stratégie pour respecter notre budget : si nous n’avions qu’une nuit dans le train, nous choisissions la 3è classe, souvent proche des toilettes, et si nous avions 2 nuits et plus, nous prenions les couchettes du haut en 2nde classe. Nous bavardions tout autant avec les Russes dans les 2 classes mais avions plus d’espace dans la 2ème.

Kazan voyage Transsibérien

Le wagon restaurant

Il y a un wagon-restaurant dans chaque train du Transsibérien. On y sert des plats simples, plutôt bons comme des salades ou des plats russes à base de viande ou de poisson et de pommes de terre – vous en mangerez tellement que vous en ferez une overdose… Le menu est un peu traduit en Anglais, ce qui permet de comprendre ce que l’on peut commander. Il y a peu de plats végétariens mais on les apprécie beaucoup – Em’ faisant une overdose de viande et de patate, elle s’est jetée dessus. Vous pouvez aussi y boire des boissons alcoolisées, en général, ce sont souvent les hommes dans l’armée qui vont y boire un coup – Kévin s’est d’ailleurs fait alpaguer par un groupe de jeunes soldats qui voulaient un selfie avec lui, la French touch et la barbe ont leurs effets 😀.
Pour vous y rendre, habillez-vous un peu car vous aurez besoin de traverser les wagons pour l’atteindre et même en début d’hiver, il fait un froid de canard ! Les compartiments sont souvent gelés entre les 2 wagons, comme dans un congélateur.
Les fumeurs y vont assouvir leur besoin de cigarette, mais en général ils n’y restent pas longtemps au risque de perdre un doigt 😅.

Le quotidien pendant un voyage en Transsibérien

Voyager plusieurs jours en train peut vite devenir désagréable si vous ne prenez que vos vêtements chauds d’extérieur ou si vous avez le sommeil léger (la 3ème classe étant un peu bruyante).
Prenez donc des vêtements confortables pour être plus à l’aise (il fait 25°C à l’intérieur, vous n’aurez pas froid), il vous suffira de vous changer après la montée dans le train et avant d’en descendre (prévoyez assez de temps quand même 😉). N’oubliez pas les sacro-saints chaussons/claquettes/tongs : comme dans une maison russe, on enlève les chaussures d’extérieur une fois dans la cabine.

stolby krasnoyarsk russie
Parc national de Stolby, Krasnoyarsk

En général, les wagons sont calmes à partir de 21h, les Russes se couchant tôt. Il ne nous est arrivé qu’une seule mésaventure sur l’ensemble du trajet : lors de notre nuit dans le train de Saint Petersbourg à Moscou (la première de notre voyage en train, super 😑), une classe de lycéens voyageait dans le même wagon. Quelques uns faisaient nuit blanche et bavardaient à voix haute, une autre ayant chaud ouvrait et fermait la fenêtre laissant entrer le vent froid. Emilie en avait des envies de meurtre…
Du coup,  si vous êtes sensibles au bruit, prévoyez quand même des boules quies pour dormir dans la 3è classe.
Ne vous inquiétez pas, vous ne resterez pas enfermés dans le wagon des jours entiers sans respirer l’air (très) frais de la Russie. Lors des longs arrêts de 15, 20, 30 minutes voire même 1h dans les gares, vous pouvez descendre vous dégourdir les jambes sur le quai ou aller acheter quelques snacks. Vous pouvez même vous lancer un défi : tenir 5min dehors en short par -20°C comme un vrai Russe !

La notion de temps

La Russie est un très grand pays ! On peut quand même traverser 9288km en 7 jours !

De ce fait, on change plusieurs fois de fuseaux horaires et entre Vladivostok et Moscou, il y a donc +7h. Cela se fait progressivement, jour par jour, heure par heure mais c’est tout de même fatigant, la nuit donnant l’impression de tomber chaque jour plus tôt.
Voici les différents décalages horaires avec la France :
 Saint Petersbourg, Moscou, Kazan : +2h
 Krasnoyarsk : +6h,
–  Irkutsk : +7h
 Vladivostok : +9h

Petite joie en traversant Ekaterinbourg, situé entre Kazan et Krasnoyarsk, vous passez la frontière entre l’Europe et l’Asie, le Mont Oural !
Vous traversez les régions de la Russie de manière assez lente, voyez les paysages défiler, tantôt vallonnés, tantôt plats, bien souvent recouverts de neige en hiver.
Pendant notre voyage, en novembre, les températures descendaient jusqu’à parfois -26°C en Sibérie et les rivières étaient partiellement voire totalement gelées.

Attention
Les horaires de gare sont piégés 😉
Avec ces décalages horaires, c’est fastidieux de calculer les départs et arrivées de train. Du coup, tous les horaires de train sont à l’heure de Moscou et ça met les pendules à l’heure pour tout le monde.

ile olkhon voyage transsiberien
paysage ile olkhon
L'île d'Olkhon au lac Baïkal

Que faire dans le Transsibérien ?

Passez quelques jours dans le train, ça peut être court et long à la fois. Préparez donc quelques occupations comme de la lecture, de la musique, un film, un petit jeu de société, regarder les paysages et les prendre en photo, etc. Ça vous aidera à passer le temps mais en général, nous avons beaucoup discuté avec les Russes donc on ne voyait pas le temps filer.
Certains parlent parfois Anglais (surtout à l’Ouest) mais bien souvent uniquement le Russe. Prenez donc un dictionnaire ou un guide de conversation russe ainsi qu’une carte pour montrer d’où vous venez, où vous allez. Vous verrez, les Russes que vous rencontrez durant votre voyage sont très curieux !

La nourriture dans le train

En général, les Russes préparent ou achètent leurs repas avant de prendre le train soit pour une nuit, soit pour quelques jours. Prévoyez vous aussi vos repas, sachant qu’il n’y a pas de réfrigérateur pour garder votre nourriture au frais. Vous pouvez par exemple, prendre des biscuits, des sachets de thé, une bouteille d’eau, du saucisson, du fromage russe, du pain, des légumes de saison, des nouilles lyophilisées aussi appelées nouilles instantanées, le plat commun des longs trajets.

Lors d’arrêts plus longs, sautez sur l’occasion pour descendre du train et acheter des snacks, des beignets de viande (gras mais délicieux !) ou de l’eau sur les quais. Le wagon-restaurant dépanne aussi quand on est en rade de nourriture ou quand on en a marre de manger la même chose –Em’ : une salaaade, je veux une salaade ! Dans tous les cas, c’est assez compliqué de manger diététique.
Le Samovar, un gros ballon d’eau chaude présent dans chaque wagon, est en permanence utilisable avec de l’eau très chaude gratuite. La Provodnista vous prête des tasses et soit vous lui achetez du thé (la boisson par excellence en Russie), soit vous en achetez avant de monter dans le train.

Prendre soin de soi dans le train

Cette partie est toute une organisation, d’abord pour le côté pratique, puis pour le côté organisation. S’il y a deux toilettes par wagon, vous pouvez clairement oublier les douches, il n’y en a pas – quoiqu’il paraisse que certains wagons en première classe en sont équipés. Est-ce une légende ?

Exit donc les princes et princesses au brushing hyper travaillé, au bout de 3 jours de train, vos cheveux brillent de milles feux… de gras. Appliquez la technique toilette de chat avec des lingettes pour bébé, brossage de dents et lavage du visage (vous pouvez aussi tenter le shampoing sec si vous en êtes adeptes). À la fin, vous ne ressentez qu’une seule envie : une bonne douche chaude !

Autre point important : hydratez-vous un maximum (ceci n’est pas un message du Ministère de la Santé Publique 😉) ! Ce genre de voyage dans le froid et le trajet en train ont tendance à dessécher votre corps et surtout votre peau. Celle-ci craquelle comme celle d’un serpent en pleine mue, surtout avec les différences de température extérieures et intérieures.

Le contact avec les Russes dans le Transsibérien

Lors de la traversée de la Russie, beaucoup de personnes montent et descendent du train. Bien souvent, ils voyagent pour le business, parfois pour voir des membres de leur famille. Que ce soit dans le train ou les villes visitées, vous apercevez plus ou moins clairement les nuances culturelles et physiques entre les régions traversées: à l’Ouest, une culture russo-occidentale, en Sibérie, des gens à la fois bourrus et volontaire au physique caractéristique de l’Asie centrale, à l’Est des gens ouverts avec un style de vie plus décontracté qu’à l’Ouest.

Rencontres voyage transsibérien en Russie

L’hospitalité russe

Ce n’est pas un mythe, les Russes sont très accueillants et chaleureux. Nous avons profondément aimé notre voyage dans le train parmi les Russes, beaucoup nous demandant notre pays d’origine et voulant en savoir plus sur notre long voyage, pourquoi on vient en Russie et surtout pourquoi on fait le Transsibérien – aucun Russe ne le fait car très long. Certains vont même plus loin en nous demandant notre opinion sur la politique Franco-Russe et sur la Crimée, entre autre. En tout cas, tous sont fiers de leur pays car :  “c’est le plus grand du monde” (c’est ce qu’ils nous disaient souvent). Il y a sûrement d’autres raisons aussi mais c’est plus délicat de les aborder avec des inconnus étrangers.

Nous avons mangé aussi avec eux – les russes disent : “quand on a bien mangé, on discute mieux », discuté en Anglais, en Russe ou en Ruglais. On a même eu une conversation de 4h avec un jeune russe plutôt bavard qui ne parlait pas Anglais. Nous communiquions à l’aide de mots clés, de mimiques et quand il y avait du réseau, de Google Translate ^^. Un excellent souvenir !

D’autres voyageurs (Russes aussi, nous étions les seuls étrangers du wagon) nous ont invité à boire une vodka (de la Beluga) avec eux, ce qui s’est vite transformé en petit guet-apens… L’un d’eux nous raconte que pour un homme, avoir le membre inférieur dur (ne soyons pas prude : s’il bande) quand il boit de la vodka, c’est un signe de santé musculaire et de richesse future. Voilà 😄

Autre sujet de rigolade, la barbe de Kévin ! De manière générale, si les femmes avaient plutôt l’air d’apprécier sa barbe bien fournie, les hommes préfèrent être rasés de près. Beaucoup d’entre eux sont des hommes qui voyagent pour le travail ou sont des soldats rejoignant leur caserne. Ils sont souvent joyeux et très fiers de montrer des photos de leur famille, femme et enfants, des gros durs au cœur tendre.
Ils nous demandent d’ailleurs pourquoi nous n’avons pas encore d’enfants et l’un d’entre eux, à l’Anglais hésitant, élabore même un baby plan avec ces termes « Vladivostok, Séoul, Taiwan, France, baby ! ». Merci Dima, on garde ça en tête 😁

La fin des clichés sur les Russes

Voyager en Russie vous ouvre l’esprit et broie vos clichés à la petite cuillère :
 non les Russes ne boivent pas de la vodka H/24, certains n’aiment d’ailleurs pas ça, préférant le vin ou la bière.
 non, les Russes ne sont pas renfrognés et froids : en Russie, sourire n’est pas un signe de politesse mais d’empathie. Un proverbe populaire dit d’ailleurs : « Un sourire sans raison est un signe d’idiotie ». Le sourire a donc une signification et est dénué d’hypocrisie.
 non, les Russes ne sont pas renfermés : ils sont au contraire très accueillants et leur hospitalité est désarmante ! Plus d’une fois, nous avons été surpris par leur désir de nous parler, de nous aider, de partager une expérience, un repas, une vodka (deux-trois shots, pas dix 😉). De merveilleux souvenirs.
 non, les femmes ne sont pas toutes blondes avec des formes longilignes. En revanche, on reconnaît qu’elles savent prendre soin d’elle !
 non, les hommes ne sont pas tous grands, baraqués avec une tête bien carrée, certains faisaient la même taille que nous. En revanche, on a croisé quelques beaux bébés d’1m90 sur 90cm de large qui rentrait à peine dans leur couchette 😅

voyage transsiberien vladivostok
Le port de Vladivostok

On en apprend toujours plus sur soi-même et sur les autres lorsque l’on est confrontés à l’inconnu. C’était plutôt perturbant et amusant à la fois de voir nos propres clichés et certitudes disparaître une à une.

Le Russe en quelques mots

Vous avez déjà ressentie ce grand moment de solitude où vous essayez de comprendre ce qu’on vous dit et où vous ne comprenez rien ? Ben nous aussi. Et idem lorsqu’on essaie de parler, de se parler, car même si Kévin a des bases de Russe, on se sent vite limités, frustrés.
Vous allez nous dire : « Sortez de votre grotte, Google Trad, c’est hyper pratique ! » Alors oui, mais pas qu’on on ne capte pas au fin fond de la campagne sibérienne ni quand on a épuisé la data de sa carte sim russe (merci le roaming entre les différentes régions de Russie…).
Du coup, sans prétendre être des bilingues en Russe, on vous a fait une liste de mots et expressions qui vous seront nécessaires pour votre voyage en Russie. Vous en aurez beaucoup moins besoin à Saint Pétersbourg, Moscou et Vladivostok mais dans les villes plus au centre, l’Anglais n’est pas ou peu pratiqué.

voyage transsiberien paysage

On vous conseille aussi d’apprendre un peu l’alphabet russe ou au moins de le noter quelque part, car si vous ne parlez pas Russe, une fois certains mots décodés, ceux-ci ressemblent à l’Anglais, à l’Allemand ou même au Français.

Bonjour : Здра́вствуйте zdrá-stvouï-tie
Au revoir : До свидания – da svidaniya
Salut ! (bonjour) : Привет! – priviet
Salut ! (au revoir) : пока пока! – poka poka (prononcer paka)
S’il-vous-plaît : пожалуйста – pozhaluysta (prononcer pajalsta)
Merci : Спасибо – spasiba
De rien : пожалуйста – pozhaluysta
Excusez-moi : извинитие – izvinitie
Combien cela coûte : сколько это стоит – skol’ko eto stoit (prononcer skolka eto stoï)
Un : один – odin (prononcer adin) ; deux : два – dva ; trois : три – tri (prononcer dri) ;
Eau : вода – voda (prononcer vada) ; eau chaude : горячая вода – goryachaya voda ; eau froide : холодная вода – kholodnaya voda
Thé : чай –chay ; café : кофе – kofe ; bière : пиво – pivo. (On ne vous traduit pas vodka, c’est aussi transparent que la vodka^^)
Santé : Ha здоровье – Na zdarovia
S’il vous plaît, où est le métro : пожалуйста, где метро pajaoulsta gdie metro?
S’il-vous-plaît, où sont les toilettes : пожалуйста, где туалеты – pajaoulsta gdie toilet?
Je n’ai pas compris : Я не понимаю – Ya ne ponimayu
Je ne parle pas Russe : Я не говорю по-русски – Ya gne govoryu po-russki
Je m’appelle : Меня зовут – Menya zavout
Puis-je prendre des photos ? : я могу фотографировать – ya mogu fotografirovat’

Beaucoup se demandent à quoi rime ce périple. Pourquoi voyager en train avec un confort très simple, où la douche devient une obsession ? Pourquoi choisir le froid hivernal alors que des plages paradisiaques vous tendent les bras ?
Tout simplement parce que ce n’est pas simplement le voyage, le mode de transport qui importe, c’est la manière de le vivre.
C’est une expérience de quelques semaines passées dans les campagnes et villes de Russie, une volonté de briser les clichés acquis, une ouverture d’esprit, un émerveillement.

Si vous avez besoin d’autres conseils ou si vous souhaitez ajouter les vôtres, écrivez-les en commentaire 😉
Cet article vous a plu ? Laissez-lui une petite note ! Merci ! Спасибо! – Spasiba!
Voyage en Transsibérien : guide et découverte d’un exotisme glacé
5 (100%) 2 votes

10 COMMENTAIRES

  1. Wow! Je l´attendais et je ne suis pas déçue ! Un bel article complet et pratique ^^ concernant la carte sim russe où l’avez vous acheté ? Son coût ? Le voyage m’a eu l’air magique pour vous deux j’ai adoré votre phrase sur le défi du short par -20^^, j’appréhendais un peu la « froideur » russe mais votre bilan m’a plus que rassuré ! Merci aussi pour ce petit guide de vocabulaire bien pratique! J’ai maintenant davantage hâte de visiter ce beau pays grâce à vous et Sarah dont j’attends aussi le billet avec impatience ! Bon voyage à vous deux

    • Ça nous fait tellement plaisir, on l’a bichonné à mort ! On y pense souvent à ce mec en short haha et maintenant on redoute moins le froid 😀
      Pour la carte SIM on va faire un article dessus. On avait pris 1 carte SIM chacun chez MTC (ça se prononce MTS), payée 400rb. On avait ensuite ajouté du crédit à cause du roaming en Russie. Mais au total, ça ne nous a pas coûté plus de 1000rb (environ 14€) pour 1 mois.

  2. Impressionnant! L’article est vraiment très intéressant, très clair et bien détaillé. Beau travail. Bravo!!
    Je reconnais qu’après avoir suivi vos stories sur Instagram et lu cet article, l’envie de découvrir la Russie me titille de plus en plus.
    Merci beaucoup.

  3. Super article !
    J’avais (je ne sais même pas pourquoi) boycotté la Russie dans mes envies de voyage .. mais j’ai vraiment de plus en plus envie d’y aller pour mettre fin très certainement à quelques clichés et puis me régaler de l’architecture si particulière du pays !

    • Merci Amélie ! On est contents que ça te convertisse
      Oui les clichés ont la vie dure mais un bon voyage sur place à parler avec les locaux et on est vite guéris ^^

  4. Merci pour ce billet très complet ! Cela me done encore plus envie, même si je serais davantage tentée par le Transmongolien que le Transsibérien… D’ailleurs, que faire une fois à Vladivostok ? LA ville est-elle intéressante (et bien desservie pour en repartir par les airs lol) ?

    • Nous sommes vraiment contents que cet article te motive davantage à visiter ce superbe (et gigantesque) pays 🙂
      Concernant Vladivostok, il y a une multitude de choses à faire ! La ville se développe de plus en plus, ce qui en fait le bonheur des habitants ainsi que des touristes. Bien évidemment, en seulement 3 jours, nous n’avons pas eu le temps de tout explorer mais nous avons beaucoup aimé traîner au Old GUM Courtyard (une cour ré-aménagée remplie de cafés et boutiques trendy autour du centre commercial historique GUM), se geler les doigts pour admirer un magnifique lever de soleil au phare Tokarevsky, prendre le funiculaire pour monter sur les hauteurs et avoir une vue splendide sur la ville, MANGER TOUT UN TAS DE TRUCS en mode lazy dans les cafés et j’en passe ! Nous écrirons bientôt un article sur le sujet ^^

      Vladivostok a été un gros coup de coeur en Russie et nous comptons y revenir pour visiter la ville plus en profondeur, les parcs naturels, les petites îles à proximités ainsi que la région.

      Par contre côté voie aérienne, bien qu’ils existent, les vols entre Vladivostok et Paris sont très peu nombreux. Pour retourner en France, mieux vaut prendre un vol pour Moscou, puis un nouveau vol vers l’aéroport désiré. Ou…continuer son voyage vers un autre pays bien desservi comme la Corée du Sud ou le Japon ^^

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