Quand on voyage au Japon, il y a certains incontournables : cuisine authentique, temples et sanctuaires ancestraux, bains de foule dans les quartiers hypnotique et, le porté de kimono.
Notre première rencontre avec ces beaux vêtements japonais était au défilé de Jotaro Saito, le plus jeune designer de kimono du Japon, aux créations aussi modernes qu’éblouissantes.
Depuis, nous faisons la chasse aux designers et artisans japonais de talent qui cassent les codes.

C’est à Nakai que nous avons trouvé le cœur de la teinture de kimono à Tokyo.

Plaisirs visuels + découverte culturelle = Magie pure <3

L’histoire de la teinture sur tissu d’Edo à Nakai

Musée Futaba-en Nakai

On vous l’avait expliqué dans l’article sur le festival Some no Komichi qui a lieu tous les ans fin février (pour les retardataire, filez vite vous mettre à la page 😉 ). Les maîtres teinturiers de Tokyo sont venus à Ochiai et Nakai pour rechercher une eau propre et fluide nécessaire pour la création de belles teintures colorées.
A l’époque Meiji (1868 – 1912) et Taisho (1912 – 1926), il existait des centaines d’ateliers de teinture. Ils ne sont aujourd’hui plus qu’une dizaine en grande partie à cause de l’introduction de la mode occidentale, plus pratique à porter et souvent plus rapide à produire.

Oui c’est une hécatombe, mais certains artisans résistent encore et toujours pour préserver cet art historique ! C’est le cas du Some no Sato Futaba-en, un musée/ atelier dédié à la teinture Edo Komon et Edo Sarasa. Focus sur ces deux techniques :

Les teintures Edo Komon et Edo Sarasa : élégance vs exotisme

Peu importe qui le porte, le kimono fascine. On ressent tout de suite une aura de distinction et dès qu’on le porte, la posture change, on se tient plus droit. C’est peut-être dû au tissu aussi serré qu’un corset (effet Taillefine garantie sans la respiration en apnée) ou bien à toute la culture qui l’entoure.

Les kimono Edo Komon et Edo Sarasa virent le jour à Tokyo lorsque le Shogun de l’époque interdit aux samouraïs et aux gens du peuple de porter des vêtements ou accessoires de luxe. Ceux-ci détournèrent alors le style vestimentaire en cours à l’époque et les styles Edo Komon et Edo Sarasa virent le jour. Sans être pompeux ni criard, l’Edo Komon paraît simple tout en affichant des motifs délicats tandis que l’Edo Sarasa montre des paysages plus exotiques aux couleurs douces (contrairement au Kyoto Sarasa qui montre des couleurs plus colorées).
Parfait pour contenter les fashion victims de l’époque !

Les étapes de la teinture de kimono Edo Komon et Edo Sarasa

Ce qui nous impressionne le plus dans la conception artisanale d’un kimono, c’est la minutie et la patience dont les artisans font preuve. Rien que pour créer une teinture Edo Sarasa, il faut plusieurs étapes et plusieurs jours voire semaines de création :

  1. la préparation des pochoirs : selon le motif, il faut une trentaine de papiers pochoirs voire plus. En général, il y a 20-30 motifs pour une teinture Sarasa, mais cela peut atteindre les 200 motifs pour les plus compliqués. Ils sont tous ciselés avec des petits scalpels, un travail aussi précis qu’une opération chirurgicale,
  2. Itaba : le long tissu de soie blanc est fixé sur une planche de 7 mètres.
  3. Tenzashi : la teinture des motifs. Les pochoirs positionnés les un après les autres suivant le motif sont minutieusement teintés avec des brosses rondes et des pinceaux de différentes tailles.
  4. Hikiba : la teinture finale. Le tissu est tendu sur toute sa longueur et l’artiste teint ensuite dans la couleur finale, à l’aide d’une large brosse.
  5. Mushiba : fixation des pigments et des motifs à la vapeur.
  6. Mizumoto : lavage du tissu pour enlever le surplus de teinture. Autrefois, à Nakai, ils étaient lavés dans la rivière Myoshoji et tendus au-dessus de la rivière mais aujourd’hui, l’eau n’est plus assez claire pour cela.
  7. Dernière étape, le séchage final du tissu de 14 mètres. A l’époque Edo, on les fixait au-dessus de la rivière. À présent, ils sèchent tranquillement à l’intérieur de l’atelier du musée.

Futaba-en Nakai

Un énorme travail de fourmi qui nécessite de la persévérance et la patience !
La Fontaine avait raison quand il écrivait que « patience et longueur de temps, font plus que force ni que rage ». C’est même vital pour les teintures de kimono.

C’est tout une technique, transmise au fil des générations aux jeunes souhaitant s’investir dans cet art. Pour avoir essayé la teinture bingata pratiquée par Kayoko-san et celle de l’Edo Sarasa et Edo Komon pendant le festival de la teinture à Nakai, nous pouvons vous dire que même si ces deux techniques utilisent des pochoirs, elles sont clairement différentes par leur rendu et leur style !

Musée teinture Futaba-en Nakai

Some no Sato Futaba-en, un atelier musée

Futaba-en Nakai

Fondée en 1920 par une famille de teinturiers, le Shinjuku Mini Museum – Dye Village – Futaba-en, plus simplement appelé « Futaba-en » est un mini-musée dédié la teinture Edo Komon et Edo Sarasa. Son directeur, Motofumi Kobayashi, quatrième successeur d’une famille de maîtres teinturiers, espère inspirer beaucoup de personnes et les toucher avec cet art traditionnel du Japon datant de l’époque Edo et toujours pratiqué aujourd’hui.

Visite du Some no Sato Futaba-en

Comme c’est un atelier, il n’est pas ouvert au public, sauf pendant les 3 jours du festival Some no Komichi. Vous pouvez tout de même voir leur façon de travailler, les outils utilisés et les différentes étapes nécessaires à la teinture à travers les grandes baies vitrées.
Les petites mains d’artistes comme Hanako-san, une des artistes réalisant encore des teintures Edo Komon et Edo Sarasa, sont très appliquées et mettent du cœur à l’ouvrage.
Ils sont à présent 8 personnes travaillant à temps plein à la création de ces teintures.

Découvrez d’ailleurs quelques unes de leurs créations à la boutique souvenir : porte-monnaie, étui à tampon encreur, coussins, portes clés et bien d’autres souvenirs encore. Une belle manière de faire plaisir à ceux qu’on aime.
Si vous avez du temps (et un budget adoubé par votre banquier 😉 ), profitez de l’occasion pour vous faire confectionner un kimono sur mesure avec les motifs et la couleur souhaitée.

Boutique Futaba-en Nakai

Les teintures Edo Komon et Edo Sarasa du mini-musée « Futaba-en » sont des gourmandises visuelles dont on ne se lasse pas. Chaque création est unique, colorée et réalisée à la perfection par des artisans passionnés.
Comme c’était l’été, nous avons porté des yukata, plus légers mais tout aussi beaux. Et vous, vous avez déjà porté un kimono de style Edo ? Quels sont vos motifs préférés ?

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